Biofioul interdit : une « condamnation pour les territoires » et un « coup de poignard aux industriels » selon la FF3C
L'Installateur - Publié le 19 octobre 2026
Le syndicat, qui rassemble les entreprises de distribution de fioul, juge « brutale » et « incompréhensible » la décision du gouvernement d’interdire, dès le 1er mars 2027, l’installation de chaudières neuves fonctionnant au F30, alors que la plupart peuvent déjà accueillir du F55 et que les foyers concernés peuvent verdir leur système de chauffage sans remplacer l'intégralité de leur installation.
Jeudi 15 octobre, le gouvernement présentait la deuxième phase de son plan d’électrification, et avec elle une bombe pour les défenseurs du chauffage au fioul. La mesure poussée par Maud Bregeon, ministre déléguée à l’Energie, prévoit la fin des installations des nouvelles chaudières fonctionnant au biofioul F30, à savoir chargé à 30 % d’EMAG de colza, dès le 1er mars 2027. Pour la FF3C, c’est une « décision nationale brutale incompréhensible pour les professionnels qui travaillent depuis de nombreuses années au déploiement d’une solution de chauffage alternative au fioul domestique pour les ménages vivant en zone rurale et périurbaine ». Pour rappel, les chaudières fioul neuves émettant plus de 300 g CO2eq/kWh PCI sont déjà interdites d’installation depuis juillet 2022. Les fabricants avaient donc basculé vers des équipements compatibles au biofioul.
Des ménages contraints à abandonner le biofioul
Avec cette nouvelle mesure, le syndicat des distributeurs de carburants, combustibles et chauffage voit une « condamnation des territoires », alors que certains foyers peuvent enclencher une transition énergétique de leur système de chauffage « sans avoir à changer l’ensemble de leur installation ». La FF3C rappelle qu’aujourd’hui, le F30 est distribué par plus de 400 établissements en France métropolitaine. « Il alimente les chaudières neuves et les chaudières fioul traditionnelles adaptées via un simple changement de brûleur » précise le syndicat pour qui son interdiction serait « d’autant plus incompréhensible que la Direction Générale de l’Énergie a elle-même mandaté le BN ELIP3 en avril 2024 afin de mener une étude devant aboutir à l’établissement des spécifications techniques d’un biocombustible liquide contenant 55% d’Emag, le F55, ainsi que d’un bioliquide de chauffage F100. »
Le F55 déjà prêt à être injecté
D’après la FF3C, les tests techniques menés depuis deux ans par le Cetiat sur les matériels de chauffage à peine terminés confirment que le F55 peut être utilisé dans les matériels actuels fonctionnant au F30, sans perte de performance. « La plupart des constructeurs de matériels de chauffage commercialisent aujourd’hui des chaudières fonctionnant au F30 et, pour la quasi-totalité des références, qui sont déjà compatibles avec le F55, précise le syndicat. Qui plus est, ces matériels sont essentiellement fabriqués en France ou en Europe. Leur interdiction pure et simple serait un nouveau coup de poignard donné à l’industrie française et européenne au bénéfice des fabricants chinois. »
Pour la deuxième phase de son plan d’électrification, le gouvernement délègue complètement le financement de l’installation de pompes à chaleur air/eau et géothermiques au dispositif de CEE et signe un arrêté de mort du biofioul.

